De nombreux parasites peuvent infecter les pigeons. Il n’entre pas dans le cadre de cet ouvrage de les examiner tous en détail. Les plus importants et les plus fréquemment rencontrés sont les ascaris, les capillaires, les ténias, les parasites externes — poux et acariens — et les coccidies.

Les vers

Les vers sont des parasites primaires redoutables. Il est important de les éliminer complètement pour que les oiseaux puissent donner le meilleur d’eux-mêmes. Ils affaiblissent le pigeon, ce qui l’empêche de réaliser des performances optimales en concours. Ils augmentent également sa vulnérabilité à d’autres maladies secondaires, telles que la trichomonose et les infections respiratoires. Trois types de vers intestinaux sont courants : les ascaris, les capillaires et les ténias.

Ascaris et capillaires

Ces vers vivent dans le tube digestif du pigeon et libèrent des œufs, qui sont évacués avec les fientes. Après plusieurs jours dans le milieu extérieur, un œuf devient infestant. S’il est alors ingéré accidentellement par un pigeon, il éclot dans l’intestin et se développe en un nouveau ver. Les capillaires peuvent également avoir ce que l’on appelle un cycle indirect : les œufs infestants sont ingérés par un hôte intermédiaire, tel qu’un coléoptère ou une limace. Le pigeon se contamine en mangeant cet hôte intermédiaire.

Au colombier, il n’existe pas de moyen simple pour l’amateur de savoir si ses oiseaux hébergent ces parasites : les vers adultes ne sont que rarement évacués dans les fientes et les capillaires sont microscopiques. Les infestations sont généralement diagnostiquées par l’examen microscopique d’un échantillon de fientes, dans lequel on peut observer les œufs.

Autopsie d’un pigeon fortement infesté par des ascaris. Plus de 300 vers ont été retirés de son intestin ; ils étaient manifestement responsables de son amaigrissement. La fine paroi intestinale apparaît ici distendue autour des vers.
Autopsie d’un pigeon fortement infesté par des ascaris. Plus de 300 vers ont été retirés de son intestin ; ils étaient manifestement responsables de son amaigrissement. La fine paroi intestinale apparaît ici distendue autour des vers. — The Australian Pigeon Company
L’intestin du pigeon a été ouvert, révélant les vers.
L’intestin du pigeon a été ouvert, révélant les vers. — The Australian Pigeon Company
Illustration 3 de la série consacrée aux parasites du pigeon
— The Australian Pigeon Company
Illustration 4 de la série consacrée aux parasites du pigeon
— The Australian Pigeon Company
Illustration 5 de la série consacrée aux parasites du pigeon
— The Australian Pigeon Company

Lorsque la plupart des vers ont été retirés de l’intestin, leur masse totale apparaît clairement. Six ascaris seulement suffisent à donner à un pigeon un aspect malade sur son perchoir. Aucun ne devrait être toléré chez un pigeon engagé en concours. Cet oiseau en hébergeait plus de 300.

Traitement des ascaris et des capillaires

Différents vermifuges sont disponibles. Certains, comme le fenbendazole, perturbent la croissance des plumes lorsqu’ils sont utilisés pendant la mue. D’autres, comme le lévamisole, peuvent provoquer des vomissements et sont donc difficiles à employer pendant la saison des concours. Avec certains médicaments plus anciens, comme la pipérazine, la résistance des vers est fréquente. Les vermifuges les plus couramment utilisés aujourd’hui appartiennent aux lactones macrocycliques. Ce groupe comprend notamment l’ivermectine, la moxidectine et la sélamectine. Parmi ces substances, la moxidectine est considérée comme l’une des plus sûres et des plus efficaces. Elle est couramment utilisée contre les capillaires et les ascaris.

La moxidectine à 2 mg/ml se présente sous la forme d’un liquide limpide, entièrement soluble dans l’eau, que les oiseaux absorbent facilement lorsqu’il est dilué dans leur eau de boisson. La dose est de 5 ml par litre d’eau pendant 24 heures. Elle est efficace et possède une large marge de sécurité. Elle peut notamment être utilisée pendant les concours et la mue. Elle ne doit cependant pas être administrée à des reproducteurs qui nourrissent au nid des petits encore dépourvus de plumes. Ceux-ci peuvent recevoir une dose importante du médicament par l’intermédiaire de leurs parents, ce qui peut perturber leur capacité à lever la tête pour être nourris. Cet effet est réversible, mais peut compromettre leur croissance ; des mortalités ont été observées.

Contrairement à de nombreux vermifuges anciens, la moxidectine ne provoque ni nausées ni vomissements : les oiseaux peuvent donc être nourris et effectuer leur volée au colombier normalement. Elle présente aussi l’avantage d’éliminer les parasites externes qui se nourrissent de liquides corporels. Les acariens des pigeons se nourrissent de sang ; ils sont donc tous éliminés par la moxidectine. Les poux se nourrissent de débris de plumes et de la poudre du plumage : en théorie, le produit ne devrait donc pas agir sur eux. En pratique, cependant, la plupart disparaissent également dans les trois semaines qui suivent le traitement. Aux doses habituelles indiquées ci-dessus, la moxidectine constitue aussi un traitement sûr et efficace contre les acariens des sacs aériens.

Maîtrise des vers au colombier de reproduction

Le colombier de reproduction doit être totalement exempt de vers. Le cycle de l’ascaris peut s’accomplir en trois à quatre semaines : une seule vermifugation avant la reproduction — ou avant les concours — n’améliore donc la situation que pour cette durée. L’élimination peut être obtenue par deux administrations de moxidectine à trois semaines d’intervalle, chacune suivie d’un nettoyage extrêmement soigneux du colombier. Ce nettoyage élimine les fientes déposées avant le traitement, qui peuvent contenir des œufs infestants susceptibles de contaminer à nouveau les oiseaux.

Il est judicieux de faire contrôler de nouveau les fientes trois semaines après la seconde vermifugation pour s’assurer que le parasite a disparu. Une fois ces parasites éliminés, vermifuger chaque nouvel oiseau avant son introduction au colombier de reproduction devrait empêcher leur réintroduction. Pour un oiseau traité individuellement, la dose de moxidectine à 2 mg/ml est de 0,25 ml de liquide non dilué.

S’il est impossible de nettoyer complètement et très soigneusement le colombier, la moxidectine peut être administrée de nouveau toutes les trois semaines pendant six mois, puisque les œufs peuvent rester infestants dans l’environnement pendant cinq à six mois au maximum. Les vers peuvent aussi être réintroduits si les fientes de pigeons ou de tourterelles extérieurs pénètrent dans le colombier. Pour l’éviter, toute volière extérieure devrait disposer d’un sol grillagé ou surélevé.

Il arrive que des larves ou des ascaris adultes quittent l’intestin et migrent dans l’organisme. Cet ascaris a été découvert à l’autopsie alors qu’il traversait le sac aérien d’un pigeon.
Il arrive que des larves ou des ascaris adultes quittent l’intestin et migrent dans l’organisme. Cet ascaris a été découvert à l’autopsie alors qu’il traversait le sac aérien d’un pigeon. — The Australian Pigeon Company

Maîtrise des vers au colombier de concours

Il est important que l’équipe de concours soit exempte de vers avant le début de la saison. Une analyse de fientes permet de déterminer si un traitement est nécessaire. En l’absence d’analyse, il vaut mieux supposer que les oiseaux sont infestés et les traiter deux fois à trois semaines d’intervalle, puis nettoyer soigneusement le colombier avant le début des concours. Dès que commencent les enlogements du jeudi soir, une réinfestation de l’équipe peut se produire : il est donc important de contrôler régulièrement les fientes pendant la saison pour la surveiller.

Si le résultat est positif, la vermifugation est généralement effectuée le dimanche ou le lundi, lorsque le concours a lieu le samedi. En l’absence d’analyse, il est judicieux de traiter les oiseaux à la moxidectine toutes les quatre semaines, habituellement le lundi, afin d’éliminer les ascaris ou les capillaires qu’ils auraient pu contracter, ainsi que les poux ou les acariens qu’ils pourraient héberger.

Capillaire femelle gravide, le corps rempli d’œufs, observé au microscope au grossissement ×40.
Capillaire femelle gravide, le corps rempli d’œufs, observé au microscope au grossissement ×40. — The Australian Pigeon Company
Le même capillaire au grossissement ×100. Les œufs caractéristiques, munis de bouchons aux deux pôles, sont nettement visibles en deux rangées dans le corps du parasite.
Le même capillaire au grossissement ×100. Les œufs caractéristiques, munis de bouchons aux deux pôles, sont nettement visibles en deux rangées dans le corps du parasite. — The Australian Pigeon Company

Maîtrise des vers et température extérieure

Les pigeons infestés par des ascaris peuvent héberger 300 vers, voire davantage. Chaque femelle peut produire des milliers d’œufs par jour. Le potentiel de contamination de l’environnement est donc considérable. Une forte contamination du colombier par des œufs peut entraîner une réinfestation rapide après un traitement efficace et devenir un véritable casse-tête pour l’amateur. La vermifugation tue les vers présents chez les pigeons au moment du traitement. Mais si des œufs subsistent dans le colombier ou à proximité, les oiseaux peuvent être rapidement réinfestés et héberger de nouveau des vers adultes en seulement 21 jours.

Pendant les périodes froides et humides, les œufs peuvent survivre quatre à six mois dans le milieu extérieur : une vermifugation à cette période n’apporte donc qu’une amélioration de courte durée. À l’inverse, en été, lorsque le sol devient chaud, les œufs survivent beaucoup moins longtemps : quatre à six semaines seulement. Vermifuger les oiseaux plusieurs fois à trois semaines d’intervalle à cette période de l’année est donc bien plus efficace pour éliminer le problème.

Les ténias

Les ténias vivent eux aussi dans le tube digestif du pigeon. Leur tête, ou scolex, s’ancre profondément dans la muqueuse intestinale. Derrière cette tête se développent des segments appelés proglottis, qui sont essentiellement des paquets d’œufs. De nouveaux segments se forment continuellement derrière la tête, repoussant les segments en cours de maturation de plus en plus loin. Des rubans de segments finissent ainsi par se déployer le long de l’intestin, les plus mûrs se trouvant à l’extrémité. Une fois arrivés à maturité, ces paquets d’œufs se détachent, individuellement ou par plusieurs sous forme de rubans, puis traversent l’intestin et sont éliminés avec les fientes.

L’amateur peut remarquer un ruban blanc segmenté pendant à l’orifice cloacal. Les segments étant mobiles au moment de leur émission, il peut aussi observer de petits fragments blancs qui se tortillent dans les fientes fraîchement émises, ou des segments desséchés collés sur le perchoir voisin. Le diagnostic des ténias ne repose donc pas nécessairement sur la microscopie : ces segments sont visibles à l’œil nu. Leur taille varie selon les types de ténias. Les plus petits ressemblent à des fils de coton blancs dans les fientes ; les plus gros évoquent des grains de riz collés à leur surface ; les plus grands apparaissent comme des carrés blanchâtres pouvant mesurer 0,5 cm sur 0,5 cm.

Une fois dans le milieu extérieur, les œufs contenus dans ces segments sont ingérés par des insectes. Ils y éclosent en larves infestantes. Les pigeons se contaminent en mangeant ces insectes.

Ténia observé au microscope au grossissement ×10. La structure ronde en haut de la photo est la tête, ou scolex.
Ténia observé au microscope au grossissement ×10. La structure ronde en haut de la photo est la tête, ou scolex. — The Australian Pigeon Company

Traitement des ténias

Pour traiter les ténias, la moxidectine est associée à un second vermifuge, le praziquantel. Celui-ci est assez amer et les pigeons hésitent donc d’abord à le boire. Une préparation couramment utilisée est « Moxidectin Plus ». Elle peut être ajoutée à l’eau de boisson à raison de 5 ml par litre ou, de préférence, administrée individuellement à raison de 0,25 ml par oiseau.

Le cycle du ténia peut s’accomplir en 21 jours seulement. Cela signifie que, si un pigeon avale un insecte le lendemain de sa vermifugation, il peut héberger de nouveau des ténias 21 jours plus tard. Il est donc important de limiter autant que possible l’exposition des oiseaux aux insectes. Dans les régions chaudes du nord de l’Australie, où les ténias sont fréquents, les traitements doivent souvent être renouvelés toutes les trois à quatre semaines.

Ténia.
Ténia. — The Australian Pigeon Company
Ténia évacué avec une fiente.
Ténia évacué avec une fiente. — The Australian Pigeon Company
Les infestations par des ténias peuvent devenir importantes. Cet amas de ténias morts a été évacué en une nuit par un seul pigeon infesté, après un traitement contre les ténias.
Les infestations par des ténias peuvent devenir importantes. Cet amas de ténias morts a été évacué en une nuit par un seul pigeon infesté, après un traitement contre les ténias. — J. Kensey, via The Australian Pigeon Company
Les ténias peuvent atteindre une longueur importante. Ce spécimen mesure 170 mm.
Les ténias peuvent atteindre une longueur importante. Ce spécimen mesure 170 mm. — J. Kensey, via The Australian Pigeon Company

Les charançons font partie des insectes susceptibles de véhiculer des ténias. Il faut donc éviter les graines qui en contiennent ou qui en ont contenu ; recherchez les petits trous percés dans les grains. Au colombier, les cloportes sont les arthropodes qui véhiculent le plus souvent les ténias. Lorsqu’ils sont dérangés, ils se roulent en boule et les pigeons les prennent alors pour des pois, car ces boules ont une taille et une couleur semblables. Pour éviter la réinfestation, il est donc préférable de pulvériser dans le colombier un insecticide tel que la perméthrine au moment où l’on administre le traitement contre les ténias. La perméthrine possède une action résiduelle pouvant durer jusqu’à quatre mois.

Poux et acariens

Les deux parasites externes les plus courants chez le pigeon sont les poux et les acariens. Les poux accomplissent tout leur cycle sur l’oiseau et meurent rapidement lorsqu’ils en sont séparés. Ils se nourrissent de débris de plumes et de la poudre du plumage. Les acariens se nourrissent de sang et d’autres liquides corporels. Ils vivent non seulement sur le pigeon, mais aussi dans les fissures et les interstices du colombier. Tous les acariens infestant un pigeon ne se trouvent donc pas simultanément sur l’oiseau. Beaucoup vivent dans l’environnement du colombier, cachés dans les fissures et les recoins et, surtout pendant la reproduction, sous les plateaux de nid et dans les matériaux de nidification. Ils ne rejoignent les adultes et les pigeonneaux que la nuit pour se nourrir.

Traitement des poux et des acariens

Ces différences expliquent que, pour maîtriser les acariens, il faut traiter le colombier en plus des oiseaux et y pulvériser un insecticide tel que la perméthrine. Cela n’est pas nécessaire pour les poux.

Elles expliquent aussi pourquoi des médicaments comme la moxidectine, efficaces contre les acariens, n’ont qu’une action limitée sur les poux lorsqu’ils sont administrés par voie orale. Un insecticide peut être employé pour baigner ou pulvériser les oiseaux en cas de poux, ainsi que pour traiter le colombier contre les acariens. La moxidectine à 2 mg/ml, utilisée dans l’eau du bain au dixième de la dose orale, soit 0,5 ml par litre, entre directement en contact avec les poux. Elle constitue alors un traitement très efficace et pratique lorsqu’un grand nombre d’oiseaux doit être traité.

Poux sur le cou d’un jeune pigeon Modène.
Poux sur le cou d’un jeune pigeon Modène. — The Australian Pigeon Company
Poux du pigeon sur le vexille d’une plume. Leur corps aplati leur permet de se loger entre les barbes : cette adaptation les rend difficiles à déloger.
Poux du pigeon sur le vexille d’une plume. Leur corps aplati leur permet de se loger entre les barbes : cette adaptation les rend difficiles à déloger. — The Australian Pigeon Company
Illustration 16 de la série consacrée aux parasites du pigeon
— The Australian Pigeon Company
Sujet examiné à l’autopsie. Lorsque le corps refroidit après la mort, les poux remontent à la surface des plumes.
Sujet examiné à l’autopsie. Lorsque le corps refroidit après la mort, les poux remontent à la surface des plumes. — The Australian Pigeon Company
Les propriétaires qui ne traitent pas efficacement leurs oiseaux sont souvent surpris de découvrir la quantité de poux que ceux-ci ont dû supporter.
Les propriétaires qui ne traitent pas efficacement leurs oiseaux sont souvent surpris de découvrir la quantité de poux que ceux-ci ont dû supporter. — The Australian Pigeon Company
Nombreux œufs de poux, ou « lentes », sur les plumes sous l’aile.
Nombreux œufs de poux, ou « lentes », sur les plumes sous l’aile. — The Australian Pigeon Company

La perméthrine est un pyréthrinoïde de synthèse couramment utilisé contre les poux et les acariens. Le texte décrit les pyréthrinoïdes comme des insecticides d’origine végétale, très efficaces tout en étant très sûrs chez le pigeon.

La perméthrine est utilisée dans les trois situations suivantes.

1. Baigner les oiseaux pour éliminer les poux et les acariens présents sur eux

Remplissez un seau en diluant 10 à 20 ml de perméthrine à 40 mg/ml dans un litre d’eau. Utilisez de l’eau tiède et traitez les oiseaux le matin d’une journée chaude. Immergez les oiseaux jusqu’au cou en déployant leurs ailes et leur queue dans la solution. Plongez brièvement leur tête sous la surface. La perméthrine contient un agent mouillant, qui permet à l’insecticide de pénétrer complètement. Immédiatement après le bain, les oiseaux sont entièrement trempés : les plumes s’affaissent et laissent apparaître la peau. Cela permet une bonne pénétration du produit et sa circulation autour de la peau. Les oiseaux retrouvent leur aspect normal en deux heures. La poudre protectrice de leur plumage sera réduite pendant environ une semaine ; s’ils volent sous la pluie, ils peuvent alors se gorger d’eau.

2. Pulvériser le colombier

Cette opération peut être réalisée en même temps qu’un traitement vermifuge pour tuer les insectes susceptibles de véhiculer des ténias. Elle permet aussi d’éliminer les acariens en complément d’un traitement à la moxidectine. Elle peut également être effectuée avant la reproduction afin d’éliminer moustiques, mouches et, en particulier, acariens rouges.

Les oiseaux sont retirés du compartiment, qui est ensuite soigneusement raclé. La perméthrine à 40 mg/ml est diluée à raison de 10 à 20 ml par litre d’eau, puis pulvérisée sur les surfaces propres et raclées du colombier ainsi que dans tous les recoins. Le colombier sèche en une à deux heures ; les oiseaux peuvent alors y être réintroduits.

3. Traiter individuellement les oiseaux

Il est judicieux de disposer d’un pulvérisateur contenant de la perméthrine déjà diluée et prête à l’emploi. Tout nouvel oiseau peut ainsi être rapidement pulvérisé avant d’entrer au colombier, de même que les oiseaux qui reviennent après une absence prolongée. La dilution habituelle est, là encore, de 10 à 20 ml par litre.

Poux communs du pigeon regroupés sur le vexille d’une rémige.
Poux communs du pigeon regroupés sur le vexille d’une rémige. — The Australian Pigeon Company
Poux à la surface des plumes.
Poux à la surface des plumes. — The Australian Pigeon Company
Poux et acariens regroupés contre les tiges des plumes.
Poux et acariens regroupés contre les tiges des plumes. — The Australian Pigeon Company
Poux dorés, ou grands poux du corps, regroupés sur la peau de l’abdomen d’un pigeon. Leur présence et l’irritation qu’ils provoquent entraînent une accumulation de squames et de sécrétions sur la peau.
Poux dorés, ou grands poux du corps, regroupés sur la peau de l’abdomen d’un pigeon. Leur présence et l’irritation qu’ils provoquent entraînent une accumulation de squames et de sécrétions sur la peau. — The Australian Pigeon Company
Poux et acariens sur les rémiges d’un pigeon. Les poux, en forme de cigarette, sont visibles dans les vexilles.
Poux et acariens sur les rémiges d’un pigeon. Les poux, en forme de cigarette, sont visibles dans les vexilles. — The Australian Pigeon Company
Gros plan sur neuf poux dorés du corps, à gauche, et un pou commun isolé, à droite.
Gros plan sur neuf poux dorés du corps, à gauche, et un pou commun isolé, à droite. — The Australian Pigeon Company

En résumé, contre les acariens, traitez les oiseaux à la moxidectine, ou pulvérisez-les ou baignez-les avec de la perméthrine, et traitez simultanément le colombier par pulvérisation. Contre les poux, il suffit de baigner ou de pulvériser les oiseaux avec de la perméthrine, ou d’ajouter de la moxidectine à leur eau de bain.

Il convient de mentionner la pratique persistante de certains amateurs qui utilisent sur leurs oiseaux d’anciens insecticides contenant des carbamates et des organophosphorés, tels que le maldison — par exemple « Malawash » et « Nikoff ». Désormais interdits dans la plupart des régions du monde, ils restent, aussi incroyable que cela paraisse, disponibles dans certaines zones, notamment en Australie. Lorsqu’ils sont utilisés en bain ou en pulvérisation, ces produits toxiques sont absorbés par l’organisme aussi longtemps que la peau reste mouillée. Une fois dans le corps, ils sont rapidement absorbés, mais lentement éliminés, de sorte qu’ils y persistent pendant de longues périodes.

Cela favorise différents problèmes, notamment l’infertilité et une sensibilité accrue aux maladies. Il peut être difficile pour un amateur de faire le lien entre de nombreux œufs clairs pendant la reproduction et l’insecticide utilisé plusieurs mois auparavant. Très franchement, ces produits ne devraient jamais être employés.

Poux dorés du corps observés au microscope. Le plus gros des deux est une femelle gravide contenant un seul gros œuf.
Poux dorés du corps observés au microscope. Le plus gros des deux est une femelle gravide contenant un seul gros œuf. — The Australian Pigeon Company
Illustration 27 de la série consacrée aux parasites du pigeon
— The Australian Pigeon Company
Acarien observé au microscope. Les poux et les acariens adultes sont faciles à distinguer : les poux sont de véritables insectes et possèdent six pattes, tandis que les acariens sont de « petites araignées » à huit pattes. Cette distinction est importante : les avermectines administrées par voie orale, telles que la moxidectine, sont efficaces et faciles à utiliser contre les acariens, alors qu’une forte infestation de poux nécessite une pulvérisation ou un bain. Les acariens peuvent aussi vivre dans l’environnement des oiseaux, contrairement aux poux : pour les maîtriser, le colombier doit donc également être traité par pulvérisation.
Acarien observé au microscope. Les poux et les acariens adultes sont faciles à distinguer : les poux sont de véritables insectes et possèdent six pattes, tandis que les acariens sont de « petites araignées » à huit pattes. Cette distinction est importante : les avermectines administrées par voie orale, telles que la moxidectine, sont efficaces et faciles à utiliser contre les acariens, alors qu’une forte infestation de poux nécessite une pulvérisation ou un bain. Les acariens peuvent aussi vivre dans l’environnement des oiseaux, contrairement aux poux : pour les maîtriser, le colombier doit donc également être traité par pulvérisation. — The Australian Pigeon Company

Les coccidies

Les coccidies constituent un groupe d’organismes fascinant. Différentes espèces peuvent infecter non seulement les pigeons et, en fait, tous les oiseaux, mais aussi les chiens, les chats, les moutons, les porcs, les bovins et divers autres animaux. Elles présentent toutefois une forte spécificité d’hôte : seules les coccidies du pigeon peuvent infecter les pigeons et, par exemple, seules celles du moineau peuvent infecter les moineaux. Plusieurs types peuvent néanmoins infecter chaque animal. Chez le pigeon, les coccidies les plus courantes appartiennent au genre Eimeria, noté Eimeria spp.

Les animaux se contaminent en avalant les « œufs » de l’organisme. Une fois ingérées, toutes les coccidies se multiplient dans les cellules de l’hôte et provoquent, au cours de ce processus, des lésions importantes. Chez le pigeon, les coccidies habituelles, Eimeria, se multiplient dans la muqueuse intestinale. Après cette multiplication, les nouveaux œufs sont évacués avec les fientes. Lorsqu’ils viennent d’être émis, ces œufs, ou oocystes, possèdent une coque mince et contiennent une structure sphérique d’aspect granuleux appelée sporoblaste. Le sporoblaste est une masse amorphe de protoplasme.

Une fois dans le milieu extérieur, le sporoblaste contenu dans le grand œuf évolue en plusieurs structures plus petites appelées sporocystes — quatre chez Eimeria — qui renferment chacune plusieurs éléments appelés sporozoïtes — deux chez Eimeria. Lorsque cette transformation a eu lieu, on dit que l’œuf est sporulé. Ce n’est qu’à ce stade qu’il devient infestant s’il est avalé. Ce processus dure généralement quatre à cinq jours, mais dépend de la température et de l’humidité.

Lorsqu’un œuf infestant, c’est-à-dire sporulé, est ingéré, les sporozoïtes sont libérés et pénètrent dans la paroi intestinale. Ils se multiplient d’abord de manière asexuée dans les cellules intestinales, selon un processus appelé schizogonie, puis se transforment en équivalents de gamètes mâles et femelles. Ceux-ci « s’accouplent » pour produire de nouveaux œufs ou oocystes, selon un processus appelé gamétogonie. Ces oocystes traversent à nouveau la muqueuse intestinale en la rompant, puis sont éliminés dans les fientes : le cycle est ainsi achevé.

Pour nous, colombophiles de concours, l’importance des coccidies tient au fait qu’en se multipliant dans la muqueuse intestinale, elles l’endommagent et l’empêchent d’assurer correctement sa fonction digestive. À cela s’ajoute le fait que chaque œuf qui traverse la muqueuse pour regagner l’intestin provoque une microscopique « piqûre d’épingle », par laquelle l’oiseau perd du sang, des électrolytes et des protéines.

Cela affaiblit les oiseaux et perturbe l’absorption de nutriments essentiels. Les oiseaux fortement atteints présentent une diarrhée verdâtre ; ils sont abattus, ont soif et perdent du poids. Les fientes contiennent parfois du sang. Même une très faible infection empêche un pigeon de concours de donner le meilleur de lui-même.

Dans la plupart des colombiers, une infection de faible intensité est présente. En dehors de la saison des concours, elle est considérée comme normale et contribue au maintien de l’immunité du groupe. Dans deux situations, l’organisme peut se multiplier et provoquer des problèmes cliniques.

1. Une maladie primaire liée à la conduite ou à la conception du colombier

Des défauts de gestion ou de conception peuvent entraîner une forte exposition au parasite. Le colombier doit être propre et sec. Des nettoyages réguliers, avec une attention particulière aux abreuvoirs et aux mangeoires, empêchent l’accumulation des coccidies. L’humidité n’a pas sa place dans un colombier sain : elle permet aux œufs de coccidies de devenir infestants plus rapidement et favorise également les infections bactériennes.

2. Une maladie secondaire chez un oiseau affaibli

D’autres facteurs peuvent affaiblir l’oiseau et permettre aux coccidies de se multiplier jusqu’à provoquer une maladie clinique. Il peut s’agir d’une maladie concomitante, comme une infestation par des vers, mais aussi de surpopulation, d’entraînements par lâchers trop fréquents, d’une mauvaise alimentation, etc.

Traitement de la coccidiose

Il faut toujours suspecter des coccidies lorsque des fientes liquides apparaissent, surtout chez les jeunes oiseaux ou après des périodes humides ou des entraînements soutenus. Le diagnostic repose sur l’examen microscopique des fientes. Plusieurs médicaments permettent de traiter les coccidies ; ils sont répertoriés dans la partie de cet ouvrage consacrée aux médicaments. Le médicament habituellement utilisé est le toltrazuril. La dose est de 7 à 15 mg/kg, soit 3 à 7 mg pour un pigeon de taille moyenne. Une spécialité, « Toltravet », contient 25 mg/ml de toltrazuril : la dose correspond donc à 0,25 ml par pigeon ou à 3 à 5 ml par litre d’eau.

Le médicament est limpide et bien accepté par les oiseaux. Il possède toutefois une odeur de « poisson mort », qui peut inquiéter certains amateurs, mais qui est normale. Les oiseaux doivent être traités à cette dose pendant deux jours, puis à nouveau pendant deux jours après cinq jours d’interruption : autrement dit, aux jours 1, 2, 8 et 9 du traitement. Le médicament est bien toléré par les pigeons et ne semble pas affecter leur forme en concours. Il peut être utilisé pendant la reproduction et la mue. Les oiseaux traités peuvent être nourris et effectuer leur volée normalement.

Fait intéressant, le toltrazuril agit en se substituant à la vitamine B. Le parasite absorbe le toltrazuril comme il absorberait la vitamine B, mais le médicament le tue ensuite. Pour cette raison, il ne faut pas apporter de supplément de vitamine B simultanément, car cela peut neutraliser l’effet du médicament. Pendant la saison des concours en particulier, la courte durée du traitement représente un avantage important par rapport aux autres médicaments, qui doivent être administrés plus longtemps pour obtenir le même résultat. Le produit peut aussi être utilisé efficacement à une dose plus élevée — 10 à 17 mg par pigeon, ou 14 ml par litre — pendant une seule journée, mais cette concentration plus forte semble moins bien acceptée par les oiseaux.

Le suivi du nombre de coccidies par examen des fientes, habituellement toutes les quatre semaines pendant la saison des concours, donne une bonne indication de la forme de l’équipe. Les oiseaux présentant des comptages élevés bénéficieront d’un traitement au toltrazuril. Dans les échantillons de fientes d’oiseaux en parfaite condition, aucun œuf de coccidie n’est observé.

Autres parasites

Parmi les parasites moins courants que l’amateur peut rencontrer figurent les mouches du pigeon, les acariens responsables de la gale des pattes et Hexamita.

Les mouches du pigeon

Avez-vous déjà observé une rangée de trous dans une rémige de pigeon ? Ils sont provoqués par un type particulier de mouche, appartenant à la famille des Hippoboscidés. L’espèce qui parasite les pigeons s’appelle Pseudolynchia canariensis. Les adultes vivent sur le corps de l’oiseau et se déplacent rapidement entre les plumes. Ils sucent le sang et leurs piqûres provoquent douleur, irritation et agitation. Pour se nourrir, ils introduisent leur trompe dans le follicule d’une plume en croissance, gorgé de sang. Lorsque la plume se déploie, le tunnel creusé par cette trompe se traduit par une succession de trous.

Les mouches pondent leurs œufs sur les accumulations de fientes de pigeons, où leurs asticots se développent. Elles sont les plus nombreuses pendant les mois chauds, lorsque les oiseaux se reproduisent. Elles peuvent alors piquer les pigeonneaux au nid et se multiplier dans les fientes accumulées autour des plateaux. Fait intéressant, la salive des mouches adultes provoque une diarrhée chez les pigeonneaux, ce qui facilite la survie des asticots.

Dégâts provoqués par les mouches du pigeon sur les rémiges.
Dégâts provoqués par les mouches du pigeon sur les rémiges. — The Australian Pigeon Company
Mouches du pigeon. Remarquez leurs longues ailes.
Mouches du pigeon. Remarquez leurs longues ailes. — The Australian Pigeon Company
Dégâts sur les rémiges causés par la mouche du pigeon.
Dégâts sur les rémiges causés par la mouche du pigeon. — The Australian Pigeon Company

Traitement contre les mouches du pigeon

Une hygiène constante et une évacuation efficace des fientes contribuent largement à maîtriser le problème. N’oubliez pas que les fientes accumulées sous un plancher grillagé ou entassées dans le jardin à proximité du colombier peuvent servir de lieux de reproduction. Si nécessaire, les mouches présentes sur les oiseaux peuvent être tuées par une pulvérisation de perméthrine ou par un traitement de 24 heures à la moxidectine. Associer cette intervention à une pulvérisation de perméthrine dans le colombier, surtout avant la reproduction, résoudra le problème.

Les acariens responsables de la gale des pattes

Certains acariens, comme Cnemidocoptes mutans, creusent directement dans la peau des pattes du pigeon. Ils se nourrissent d’une protéine particulière présente dans la peau : la kératine. Ils pondent leurs œufs dans les galeries qu’ils creusent et laissent de petits conduits respiratoires reliés à la surface. L’irritation provoquée entraîne un épaississement de la peau des pattes, qui devient écailleuse. Ces acariens peuvent également se trouver sur d’autres parties du corps, notamment à la base des ailes, autour de la face et sur la peau de l’abdomen. Généralement, tous les oiseaux du colombier sont infestés, mais seuls certains semblent prédisposés à développer des symptômes.

Traitement de la gale des pattes

Un traitement courant consiste à administrer simultanément à tous les oiseaux de la moxidectine à 2 mg/ml, à raison de 5 ml par litre d’eau de boisson pendant 24 heures. On réalise généralement trois traitements espacés de quatorze jours. Il est important de ne pas confondre cette infestation avec les épaississements croûteux qui apparaissent sur les pattes de certains oiseaux avec l’âge.

Hexamita

Hexamita est un organisme étroitement apparenté à celui qui provoque la trichomonose. Il vit principalement dans l’intestin et peut entraîner une diarrhée lorsqu’il est présent en grand nombre. Il est diagnostiqué par l’examen microscopique d’un frottis de fientes fraîches. Il ressemble alors beaucoup à l’agent de la trichomonose, mais apparaît légèrement plus allongé et se déplace plus rapidement, d’une manière plus directionnelle. Des pigeons bien soignés et non stressés peuvent héberger une infection de faible intensité sans présenter de symptômes. Hexamita devrait néanmoins être totalement éliminé de tout colombier de concours pour permettre aux oiseaux de donner le meilleur d’eux-mêmes.

Traitement contre Hexamita

Tout médicament qui tue l’agent de la trichomonose tue également Hexamita. Le traitement doit toutefois durer plus longtemps. On administre généralement à tous les oiseaux du colombier, simultanément, un médicament tel que le ronidazole pendant sept jours consécutifs. L’organisme ne peut pas survivre dans le milieu extérieur : la recontamination à partir du colombier n’est donc pas un problème. Traiter tous les oiseaux simultanément pendant sept jours permet ainsi son élimination. Un contrôle ultérieur des fientes reste toujours utile pour vérifier qu’il a bien disparu.

Début d’infestation par les acariens responsables de la gale.
Début d’infestation par les acariens responsables de la gale. — The Australian Pigeon Company
Cas plus avancé d’infestation par les acariens responsables de la gale.
Cas plus avancé d’infestation par les acariens responsables de la gale. — The Australian Pigeon Company